Un siècle de psychométrie et de psychologie

Un siècle de psychométrie et de psychologie : EAP. par Denise GUYOT et Robert SIMONNET. préf. Marcel TURBIAUX, L’Harmattan, 2008.

Paru en 2008 cet ouvrage recense près de 400 tests papier crayon, instruments et appareils en écrivant l’histoire des Etablissements d’applications techniques . EAP.

Époque fantastique que celle du XXe siècle, qui, une soixantaine d’années après la naissance de l’ère industrielle, accéda, d’abord, à une meilleure adaptation de l’homme à son métier par l’intermédiaire de la psychologie, puis, plus tard, par des progrès technologiques importants, grâce à 1’ergonomie, une meilleure adaptation du travail à l’homme.

Les EAP y participèrent, se déplaçant dans différentes parties du monde pour promouvoir, ce que la France, mais aussi d’autres pays d’Europe, mettaient en place pour, en premier lieu, réduire, puis, ensuite, supprimer  « 1’esclavagiste industriel ». Épopée sans précédent dans le domaine des sciences humaines.

La psychotechnique, devenue la psychologie appliquée, s’intégra dans la notion de science. Les psychologues contribuèrent, par leurs recherches et leurs études, à concevoir les tests qui aidèrent à mettre en place ce qu’on pourrait appeler le   « mieux commun des individus dans leurs métiers ou professions », ainsi qu’une meilleure orientation, tant scolaire que professionnelle.

Les EAP sont à la psychologie ce que le sphinx est à la civilisation des pyramides, l’élément indispensable d’une culture qui fera date.

Denise GUYOT (1914-2016) orientée dès son adolescence, par son père, vers les sciences humaines, consacra sa vie à  parfaire ce  qu’il avait créé : les EAP (les établissements d’applications psychotechniques). Directeur d’une entreprise et psychologue, réussissant à mener de front cette double fonction, elle résume parfaitement  par cet ouvrage la réussite d’un parcours international qui n’était pas acquis au  départ.

Robert SIMONNET, sans jamais se départir de l’esprit qui était celui des EAP, par sa double formation d’ingénieur et de psychologue du travail, réussira à adapter les progrès techniques de l’époque moderne, comme par exemple la ‘Psycho-Informatique’, un genre ‘d’Intelligence Artificielle (IA)’, à l’ensemble des productions de l’entreprise, tout en se consacrant à son rayonnement.

Ce livre remémore un vécu peu ordinaire.

SOMMAIRE

Préambule

Préface

CHAPITRE I

Les méthodes expérimentales au service de l’adaptation de l’homme à son métier (1927-1944)

Après qu’Edouard Toulouse, Henri Piéron, J.M. Lahy, Henri Laugier, se soient attachés à améliorer les techniques de la psychologie expérimentale, Gaston Guyot et J.M. Lahy donnent naissance aux Etablissements d’applications psychotechniques (E.A.P.)

Ce chapitre rend compte de la volonté de deux hommes qui, par l’organisation de l’Entreprise, la production et de la commercialisation de matériel de psychologie, hautement performant grâce aux études réalisées conjointement avec les Laboratoires de psychologie,  permettront à la France d’être reconnue mondialement dans ce domaine.

Chapitre II

Les méthodes scientifiques, associées aux données expérimentales, consolident l’intérêt de la psychologie appliquée (1945 – 1972)

Charles Spearman, Louis Leon Thurstone, Raymond Bonnardel, chacun avec une démarche scientifique qui lui est propre, va concourir à l’escalade du principal sommet de la psychologie ; la psychométrie.

Ce chapitre laisse apparaître les bases scientifiques qui ont permis de faire évoluer l’Entreprise, tant sur le plan technique que sur le plan commercial, afin de rendre leurs productions fiables et accessibles financièrement. La qualité de cette gestion lui aura permis d’atteindre une reconnaissance qui sera à l’échelle de la planète.

Chapitre III

L’informatique au service de la validité du pronostic de réussite (1973 – 1995)

Les psychologues de l’INETOP, Jacques Brémond, Victor Kouteynikoff, Pierre Goguelin  et bien d’autres, suivirent, mathématiquement et statistiquement, le chemin tracé par leurs prédécesseurs, afin de donner à cette science les compléments d’informations indispensables pour la parfaire.

Ce chapitre relate, entre autres, ce qu’aura été l’apport des ‘batteries psycho-informatiques’ quant à l’analyse des données. La sensibilité des interprétations des résultats ainsi obtenue conduira à un meilleur pronostic de réussite, comme par exemple, avec le polyréactiographe, l’évaluation des premiers cosmonautes français.

ANNEXES

I       Références

II      Index alphabétique des auteurs de tests

III   Index alphabétique des personnes citées (hors auteurs)

IV    Index chronologique, par année, des auteurs de test

V      Index alphabétique des tests par sigles

VI     Index alphabétique des tests par nom

VII    Classement des domaines d’évaluation des tests

VIII  Index des livres publiés par les EAP

IX    Index chronologique, par année, des activités des EAP

X     Index des 74 photos

XI    Sommaire

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La Psychométrie

 

La psychométrie

Évaluation et pronostic
par les tests de psychométrie

 Robert et Denise Simonnet-Guyot

L’HARMATTAN

 Collection « Psychologie du travail et ressources humaines »

ISBN : 978-2-343-10167-5 • 30 € • 292 pages

 

Le contenu de cet ouvrage est sous-tendu par une quête incessante de photos d’épreuves de psychométrie perdues puis retrouvées parmi de nombreux documents d’archives.

Robert et Denise Simonnet-Guyot, qui ont eu la chance de vivre une grande partie de cette époque, étaient à même de pouvoir donner une signification à tous ces objets que sont ces tests.

Ils peuvent être comparés à des archéologues, mettant au jour le champs de ruine de la psychologie appliquée et découvrant que des auteurs hautement qualifiés comme H.Piéron, R. Bonnardel, et tant d’autres ont réalisés des épreuves (tests) construites, étalonnées, évaluées en conformité totale avec les principes les plus rigoureux et scientifiquement corrects.

Les photographies de chaque test furent choisies en prenant en compte les modifications technologiques survenues au cours de l’utilisation de chacun d’eux. Les descriptifs donnent une idée des progrès techniques qui furent à l’origine de nouvelles validations.

Loin des visions fantasmagoriques, la chronologie historique de certains d’entre eux ou simplement l’histoire de certains autres font revivre l’épopée dont l’humanité devra se réappropriée pour pouvoir construire l’avenir.

LES AUTEURS

Denise Simonnet-Guyot (1914-2016), est née à Boulogne-Billancourt. En 1940, elle entre dans la résistance (réseau ALI-TIR).En 1945, elle est diplômée de l’INETOP. Immergée dès le plus jeune âge par son père G. Guyot et J.M. Lahy dans la psychotechnique qui deviendra par la suite la psychologie appliquée, puis la psychométrie, elle dirigea, une grande partie de sa vie l’Entreprise EAP. Psychologue de l’Orientation de formation et centenaire, elle a contribué à la réalisation de cet ouvrage.

Robert Simonnet, est né en 1932 à Paris XV. Ingénieur de l’école d’aéronautique ESTACA en 1952, il obtient son brevet de météorologue de l’armée de l’air en 1953 et psychologue du travail de formation, ayant secondé pendant de nombreuses années Denise Guyot a, comme elle, côtoyé tous les psychologues célèbres de cette époque. Il avait engrangé une somme d’informations sur la psychométrie très importante qu’il se devait de faire passer à la postérité. On trouvera dans cet ouvrage les informations qui seront susceptibles d’aider à leur compréhension.

TABLE DES MATIÈRES

Chapitre 1 – Psychologie appliquée aux activités humaines Chapitre 8 – Tests concernant les domaines du développement psychologique – K –

Ce chapitre rassemble des tests utilisés pour l’examen des enfants liés à l’évaluation des différents développements psychologiques.

Chapitre 2 – Les techniques psychologiques de la prévention des accidents Chapitre 9 – Tests du domaine de la personnalité (affectivité) – C –

Les tests de ce domaine sont répertoriés en deux catégories qui correspondent à leur utilisation.

Chapitre 3 – Historique des tests du domaine des réactions psychomotrices – D –

Les tests de ce domaine évaluent, pour certains, les performances liées à la rapidité de la réponse et, pour les autres, l’attention à partir de l’exactitude de la réponse.

Chapitre 10 – Tests du domaine cognitif (instruments) – A –

Ce domaine rassemble des épreuves d’intelligence concrète ou pratique.

Chapitre 4 – Historique des tests du domaine psychomoteurs – E-

Les tests de ce domaine évaluent des performances liées à la dissociation des mouvements des mains et des bras, mais aussi la précision manuelle d’une façon générale

Chapitre 11 – Tests du domaine conatif – B –

Les tests de ce domaine évaluent des intérêts et des motivations scolaires et professionnel.

Chapitre 5 – Historique des tests du domaine de la motricité – F –

Les tests de ce domaine sont des épreuves sensori-motrices où l’aspect cognitif intervient très peu.

Chapitre 12 – Bilans Psycho-Informatiques

La conception de la méthode « psycho-informatique » est décrite dans ce chapitre .

 

Chapitre 6 – Tests spécifiques à divers domaines psychologiques –G –

Chaque test dans ce domaine correspond à des recherches spécifiques réalisées par les auteurs.

Chapitre 13 – On a inauguré un laboratoire de psychotechnique

Un exemple concret de l’utilisation des tests.

Chapitre 7 – Historique des tests : domaine de la psychophysiologie – H-

Ce domaine rassemble des appareils physiologiques, psychophysiologiques, et anthropométriques.

 Chapitre 14 – Le passé, le présent et l’avenir de la psychotechnique

 

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Le document de présentation en PDF : Harmattan

BONNARDEL Raymond

Raymond Bonnardel

 par Robert Simonnet

Le professeur Raymond Bonnardel (1901-1988) est né en 1901 à Limay (Seine et Oise), et décédé à Blois en 1998.

A. Grades universitaires

Licence ès sciences (1929)

Diplôme de Psychologie Générale et de Psychologie Appliquée de l’Institut de psychologie (1933)

Docteur ès Sciences (1934)

Docteur en médecine (1936)

Expert psychotechnicien de l’Université de Paris (1942)

Photo : Raymond Bonnardel – congrès de l’AIPA de Paris (1953)

 B. Fonctions universitaires

Préparateur-adjoint au laboratoire de physiologie générale de la faculté des sciences de Paris (1929-1930)

Préparateur au laboratoire d’Organisation Physiologique du Travail de l’école des hautes études (1931)

Chef des travaux à la chaire de Physiologie du Travail, Hygiène industrielle et Orientation professionnelle du Conservatoire national des Arts et Métiers (1932-1938)

Professeur suppléant à la même chaire (1937-1938)

Directeur du laboratoire de Psychologie Appliquée à l’école des hautes études (1939)

Chargé de mission à la Direction du Centre National de la Recherche Scientifique (1939-1940)

Professeur à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris (1943)

C. Enseignement à l’étranger

Il fît des conférences à l’Université de Liège (1947) et professeur d’échange à l’Université de Louvain (1948).

D. Mission à l’étranger

Il a procédé à deux missions de recherche : une à la station scientifique internationale de Jung-fraujoch, et l’autre sur les indiens du Mexique.

E. Distinctions

Lauréat de la faculté de Médecine de Paris (médaille d’argent 1936)

Lauréat de l’Académie de Médecine (prix Vernois 1937)

Récompensé par l’Académie des Sciences morales et politiques (fondation Dagnan Bouveret 1944).

F. Sociétés savantes

En 1951, il est Vice-président de la Société Française de Psychologie et Secrétaire général de l’Association Internationale de Psychotechnique. Puis, en 1952, il est membre fondateur de l’Association de Psychologie Scientifique de Langue Française.

G. Commissions

Membre de la classe I (Expression de la pensée) de l’Exposition Internationale de Paris de 1937

Secrétaire de la Section de Biologie du Palais de la Découverte (1936-1938)

Membre de la Commission d’Enquête dans les colonies, pays de protectorat et sous- mandat (1937)

Photo : R. Bonnardel avec H. Piéron

H. Travaux de Recherche Appliquée

Il a créé des services de recherche et d’applications de psychologie industrielle aux usines Peugeot. (Voir par exemple : Cohen Yves. L’invention des techniciens sociaux [Du commandement social après juin 1936 chez Peugeot]. In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 114, septembre 1996. Les nouvelles formes de domination dans le travail (1) pp. 30-43).

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Raymond BONNARDEL

Secrétaire Général de l’Association Internationale

de Psychologie Appliquée

AIPA

1951 – 1964

 par C.B. Frisby 

(Extraits du Bulletin de l’Association Internationale de Psychologie Appliquée (AIPA), 1964, vol.13, n°2)

Pour apprécier la valeur inestimable des services rendus par le professeur BONNARDEL à l’AIPA, un résumé de l’histoire de cette Association est nécessaire…

…Cette Association, qui avait pour nom « Association Internationale de Psychotechnique »(AIP) fut instituée officiellement à Paris en 1927…

…Edouard CLAPAREDE fut nommé Président-fondateur et J.M. LAHY Secrétaire Général. Les congrès qui suivirent eurent lieu à Utrecht en 1928, à Barcelone en 1930, à Moscou en 1931, et à Prague en 1934…

…A Göteborg, pendant le 10e congrès de l’Association International de Psychotechnique, le professeur BONNARDEL fut élu Secrétaire Général en remplacement de Mme BAUMGARTEN-TRAMER démissionnaire. Il allait avoir à faire face aux nombreux problèmes qui se présentèrent et qu’il résolut rapidement. L’Association International de Psychotechnique manquait d’argent, mais elle n’avait pas de dettes. Les archives de LAHY avaient été perdues pendant la guerre. Les psychologues tant Anglais qu’Américains n’aimaient pas le mot « psychotechnique », qui, traduit littéralement en anglais signifie un niveau d’activité bien inférieur à celui de psychologues professionnels. Il devenait donc urgent de définir les qualifications demandées pour devenir membre de l’Association International de Psychotechnique, qui était à cette époque la seule organisation internationale de psychologues. Il y avait un danger réel que les développements de la psychologie puissent attirer des personnes qui, tout en cherchant une qualification professionnelle, n’avaient qu’une formation minime en psychologie…

…Tout en s’imposant cette tâche onéreuse, le professeur BONNARDEL y ajouta encore un fardeau, c’est-à-dire l’organisation du 11e congrès à Paris en 1953…

…Le professeur BONNARDEL ne se vante jamais de sa propre contribution à la psychologie. Il est bien possible que la plupart des membres de l’AIPA n’aient jamais apprécié l’importance de ses contributions et leur rapport avec les fonctions de Secrétaire Général. Sa formation de base était très étendue. Il a étudié simultanément la biologie et la médecine. Il a gagné son doctorat ès sciences en 1934 et son doctorat en médecine en 1936.

En 1937-1938, il a remplacé le professeur LAUGIER dans la chaire de Physiologie du travail, d’Orientation et de Sélection professionnelles au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM).

Ayant des doutes sur la valeur scientifique des applications faites en physiologie et en psychologie du travail, il accepta avec empressement l’invitation de la Maison Peugeot, fabricant de voitures, de monter un service psychotechnique dans les usines de Sochaux.

Pendant vingt années, il a dirigé le service, et il a édité une série de rapports sur les questions de psychométrie et de sélection professionnelle, reconnus remarquables dans la littérature sur ce sujet. En effet, il a saisi l’occasion présentée par un groupe d’usines avec presque 50 000 employés et une grande variété de postes de travail, pour organiser un programme d’études scientifiques rigoureusement contrôlées.

En outre, il s’occupa d’enseignement : depuis 1939 il fut directeur du laboratoire de Psychologie Appliquée de l’Ecole des Hautes Etudes, et depuis 1943 il fut professeur à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, En sus, depuis 1946, il fut directeur de la revue Le Travail Humain…

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Voir aussi : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Bonnardel

archives des EAP

                           Les Archives des Etablissements d’Applications Psychotechniques

Le 17 novembre 2016, les archives des EAP ont pris le chemin des Archives nationales du monde du travail à Roubaix. Ainsi se termine une histoire qui commence avec la création de cette entreprise en 1927 par J.-M. Lahy et G. Guyot, le père de Denise Guyot que nous avons eu la peine de perdre en ce début d’année. Mais, à cette origine évidente s’en greffe une autre,  celle des étapes et des formes de la construction de l’histoire de cette entreprise comme objet historique.

En 2002, dans le cadre des activités du Groupe de Recherches sur l’Evolution de l’Orientation, et plus précisément, lors de l’assemblée générale de l’association le 15 janvier j’ai demandé à Denise et son mari Robert Simonnet de voir comment faire une histoire des EAP. Cela donnera lieu à un exposé de Denise Guyot et Robert Simonnet le 7 juin 2004 intitulé : Histoire des Etablissements d’Applications Psychotechniques (1927-1960). Le psychologue et l’ingénieur ou l’histoire de la production et de l’utilisation des tests en France au début du vingtième siècle.

En juillet 2008, autre étape, D.Guyot et R.Simonnet publient Un siècle de psychométrie et de psychologie. Etablissement d’applications psychotechniques, aux Editions L’Harmattan. Dans ce livre, en préambule ils font état de ma demande et des difficultés d’une tâche qu’ils pouvaient seuls remplir.

Depuis le décès de Denise, une dernière étape était à parcourir et c’est Robert Simonnet qui a contacté les ANMT de Roubaix et répertorié et classé les archives dans un travail d’ampleur et de mémoire indispensable. Voir la photo jointe.

Les historiens de la psychologie auront donc dans quelque temps les moyens de consulter ces documents et de mieux comprendre notre époque.
Merci aux différents acteurs de cette aventure.

 Paris, le 20 novembre 2016                                                                     

Article rédigé par Pierre Roche GREO

au départ vers Roubaix
au départ vers Roubaix

Test du TRACAGE de LAHY J-M.

Historique du test du Traçage ou ‘Mouvements Coordonnés’

 Auteur : J.M. Lahy

Producteur : Ets d’Applications Psychotechniques (EAP)

Création et diffusion: 1925 – 1995 — Sigle : TR puis MCL –tu (Z)

Domaine psychologique évalué : Psychomoteur – stabilité du geste (catégorie B)

Descriptif

Le test des ‘mouvements cordonnés’ de Lahy, dénommé autrefois test du ‘traçage’, destiné à l’évaluation de la stabilité d’un geste, a subit tout au long des années des transformations notoires quant à sa présentation, sans jamais que soit altéré la validité des résultats obtenus.

Il faut comprendre que l’évaluation du tremblement des mains, et des différentes parties des membres supérieurs, était des plus complexes à concevoir. Il fallait que, lors d’un même mouvement des deux mains, leur coordination ne soit pas prise en compte.

tracage1Pour ce faire, en 1924, les premières recherches se portèrent sur un appareil où l’action du déplacement d’un pointeau dans une gorge, formant des courbes successives, comme le montre la photo ci-contre, devait fournir des résultats qui ne furent jamais satisfaisants.

 tracage2Quelques années plus tard, J.M. Lahy eu l’idée de modifier l’action des mains en leur faisant déplacer, non plus la gorge, mais le tracé, alors que le pointeau reste fixe, comme le présente la photo ci-contre.

Le test, dont les résultats furent, statistiquement satisfaisants, ne fut modifié qu’en 1960.

la Sinusoïde
la Sinusoïde

En 1944, R. Bonardel, reprenant les recherches sur la stabilité motrice lors d’un mouvement quelconque, mit en évidence que dans les mouvements fins l’action du tremblement des mains contrariait leur coordination, d’où la réalisation d’un test dont la position de deux ergots dans une gorge sinueuse, enregistrait chaque tremblement avec une grande précision. (photo ci-dessus – Test dénommé : ‘sinusoïde.

Ce test ne fut pas exploité
Ce test ne fut pas exploité

1924   (EAP)

Le test de la photo ci-contre, ne sera jamais diffusé, il résuma bien les difficultés qu’eurent les chercheurs à mettre au point, techniquement, l’appareil qui devait permettre de donner une évaluation du tremblement des mains lors de leurs déplacements dans de nombreux travaux manuels.Le mécanisme de cet ensemble ne pouvait donner de résultats fiables, son utilisation étant sujette à des variations inopinées.

tracage51927   (EAP)

Il est facile de comprendre comment l’auteur, Lahy a résolu le problème en concevant un test massif, lourd, ne laissant aucune chance au hasard de pouvoir modifier les résultats du candidat.

Ce test dénommé ‘traçage’, comprend un socle lourd, dont la surface est polie, ne laissant apparaitre aucune aspérité, une tablette montée sur quatre pieds sur laquelle est placé le tracé, et un col de signe avec le pointeau.

tracage61928   (EAP)

De conception identique, ce test du ‘traçage’ à subi, après quelques années, une petite amélioration quant à son encombrement. Le travail du sujet consiste à prendre la tablette avec ses deux mains, alors que le pointeau est placé, par l’opérateur, au début du circuit dessiné sur la tablette.

tracage71929   (EAP)

Le test est relié à un coffret sur lequel sont insérés deux compteurs qui enregistrent, l’un le nombre de fois que le pointeau situé sur le col de signe touche le bord du circuit (erreur), l’autre la durée cumulée de ces erreurs.

tracage81930   (EAP)

En situation d’examen, le candidat concentre son attention sur le tracé inséré sur la tablette et dirige mentalement l’action de ses mains de façon à ce qu’elles agissent ensemble. Chaque tremblement ne serait-ce que d’une des mains déplace la tablette et met le pointeau en contact avec la bordure du tracé. A ce moment, l’erreur est enregistrée ainsi que sa durée.

tracage91947   (EAP)

A la sortie de la deuxième guerre mondiale, d’importantes avancées technologiques modifient la présentation des tests. Dans ce cas précis, le test du ‘traçage’ est réduit pour ne laisser place qu’à un encombrement qui ne prend en compte que ce qui est utile à l’évaluation, cest-à-dire à l’obtention de la mesure. 

traçage101953   (EAP)

Dernière présentation de ce test avant une modification importante quelques années plus tard

tracage111954   (EAP)

Si la situation d’examen reste la même, l’appareil composant le test est d’une présentation qui reflète une époque ou l’esthétique a fait son apparition. L’ingénieur laisse libre court à son imagination et donne au réalisateur la possibilité de mettre en évidence ses capacités.

Depuis quelques années, la diffusion du test de la ‘sinusoïde’ de Bonnardel, beaucoup plus pratique, statistiquement plus performant, et moins chère, limitait la diffusion du test de ‘traçage’. Néanmoins certains psychologues, utilisateurs de ce test furent à l’origine d’une modification de présentation importante. A partir de cette date, le test du ‘traçage’ fut dénommé le test des ‘mouvements coordonnés’ de Lahy (MCL). Comme dans le test de ‘traçage’, dans le test des ‘mouvements coordonnées’ l’action des mains en en prise directe avec le déplacement du pointeau, d’où l’évaluation des tremblements.

Oméga
Oméga

1960   (EAP)

Le ‘pointeau’ ou ‘curseur’ est déplacé par le sujet suivant deux axes perpendiculaires le long d’une courbe gravée sur une plaque de verre, qui reprend le profil de test du ‘traçage’. Deux ‘leviers’ ou ‘manettes’ commandent directement, sans aucun intermédiaire.

L’action directe du geste sur le curseur laissera apparaître très nettement par la ‘trace’ inscrite sur une feuille de papier toutes les erreurs en direction et en amplitude des mains.

 

Article rédigé par Rober SIMONNET