La Psychométrie

 

La psychométrie

Évaluation et pronostic
par les tests de psychométrie

 Robert et Denise Simonnet-Guyot

L’HARMATTAN

 Collection « Psychologie du travail et ressources humaines »

ISBN : 978-2-343-10167-5 • 30 € • 292 pages

 

Le contenu de cet ouvrage est sous-tendu par une quête incessante de photos d’épreuves de psychométrie perdues puis retrouvées parmi de nombreux documents d’archives.

Robert et Denise Simonnet-Guyot, qui ont eu la chance de vivre une grande partie de cette époque, étaient à même de pouvoir donner une signification à tous ces objets que sont ces tests.

Ils peuvent être comparés à des archéologues, mettant au jour le champs de ruine de la psychologie appliquée et découvrant que des auteurs hautement qualifiés comme H.Piéron, R. Bonnardel, et tant d’autres ont réalisés des épreuves (tests) construites, étalonnées, évaluées en conformité totale avec les principes les plus rigoureux et scientifiquement corrects.

Les photographies de chaque test furent choisies en prenant en compte les modifications technologiques survenues au cours de l’utilisation de chacun d’eux. Les descriptifs donnent une idée des progrès techniques qui furent à l’origine de nouvelles validations.

Loin des visions fantasmagoriques, la chronologie historique de certains d’entre eux ou simplement l’histoire de certains autres font revivre l’épopée dont l’humanité devra se réappropriée pour pouvoir construire l’avenir.

LES AUTEURS

Denise Simonnet-Guyot (1914-2016), est née à Boulogne-Billancourt. En 1940, elle entre dans la résistance (réseau ALI-TIR).En 1945, elle est diplômée de l’INETOP. Immergée dès le plus jeune âge par son père G. Guyot et J.M. Lahy dans la psychotechnique qui deviendra par la suite la psychologie appliquée, puis la psychométrie, elle dirigea, une grande partie de sa vie l’Entreprise EAP. Psychologue de l’Orientation de formation et centenaire, elle a contribué à la réalisation de cet ouvrage.

Robert Simonnet, est né en 1932 à Paris XV. Ingénieur de l’école d’aéronautique ESTACA en 1952, il obtient son brevet de météorologue de l’armée de l’air en 1953 et psychologue du travail de formation, ayant secondé pendant de nombreuses années Denise Guyot a, comme elle, côtoyé tous les psychologues célèbres de cette époque. Il avait engrangé une somme d’informations sur la psychométrie très importante qu’il se devait de faire passer à la postérité. On trouvera dans cet ouvrage les informations qui seront susceptibles d’aider à leur compréhension.

TABLE DES MATIÈRES

Chapitre 1 – Psychologie appliquée aux activités humaines Chapitre 8 – Tests concernant les domaines du développement psychologique – K –

Ce chapitre rassemble des tests utilisés pour l’examen des enfants liés à l’évaluation des différents développements psychologiques.

Chapitre 2 – Les techniques psychologiques de la prévention des accidents Chapitre 9 – Tests du domaine de la personnalité (affectivité) – C –

Les tests de ce domaine sont répertoriés en deux catégories qui correspondent à leur utilisation.

Chapitre 3 – Historique des tests du domaine des réactions psychomotrices – D –

Les tests de ce domaine évaluent, pour certains, les performances liées à la rapidité de la réponse et, pour les autres, l’attention à partir de l’exactitude de la réponse.

Chapitre 10 – Tests du domaine cognitif (instruments) – A –

Ce domaine rassemble des épreuves d’intelligence concrète ou pratique.

Chapitre 4 – Historique des tests du domaine psychomoteurs – E-

Les tests de ce domaine évaluent des performances liées à la dissociation des mouvements des mains et des bras, mais aussi la précision manuelle d’une façon générale

Chapitre 11 – Tests du domaine conatif – B –

Les tests de ce domaine évaluent des intérêts et des motivations scolaires et professionnel.

Chapitre 5 – Historique des tests du domaine de la motricité – F –

Les tests de ce domaine sont des épreuves sensori-motrices où l’aspect cognitif intervient très peu.

Chapitre 12 – Bilans Psycho-Informatiques

La conception de la méthode « psycho-informatique » est décrite dans ce chapitre .

 

Chapitre 6 – Tests spécifiques à divers domaines psychologiques –G –

Chaque test dans ce domaine correspond à des recherches spécifiques réalisées par les auteurs.

Chapitre 13 – On a inauguré un laboratoire de psychotechnique

Un exemple concret de l’utilisation des tests.

Chapitre 7 – Historique des tests : domaine de la psychophysiologie – H-

Ce domaine rassemble des appareils physiologiques, psychophysiologiques, et anthropométriques.

 Chapitre 14 – Le passé, le présent et l’avenir de la psychotechnique

 

site internet : http://editions harmattan.fr

Le document de présentation en PDF : Harmattan

BONNARDEL Raymond

Raymond Bonnardel

 par Robert Simonnet

Le professeur Raymond Bonnardel (1901-1988) est né en 1901 à Limay (Seine et Oise), et décédé à Blois en 1998.

A. Grades universitaires

Licence ès sciences (1929)

Diplôme de Psychologie Générale et de Psychologie Appliquée de l’Institut de psychologie (1933)

Docteur ès Sciences (1934)

Docteur en médecine (1936)

Expert psychotechnicien de l’Université de Paris (1942)

Photo : Raymond Bonnardel – congrès de l’AIPA de Paris (1953)

 B. Fonctions universitaires

Préparateur-adjoint au laboratoire de physiologie générale de la faculté des sciences de Paris (1929-1930)

Préparateur au laboratoire d’Organisation Physiologique du Travail de l’école des hautes études (1931)

Chef des travaux à la chaire de Physiologie du Travail, Hygiène industrielle et Orientation professionnelle du Conservatoire national des Arts et Métiers (1932-1938)

Professeur suppléant à la même chaire (1937-1938)

Directeur du laboratoire de Psychologie Appliquée à l’école des hautes études (1939)

Chargé de mission à la Direction du Centre National de la Recherche Scientifique (1939-1940)

Professeur à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris (1943)

C. Enseignement à l’étranger

Il fît des conférences à l’Université de Liège (1947) et professeur d’échange à l’Université de Louvain (1948).

D. Mission à l’étranger

Il a procédé à deux missions de recherche : une à la station scientifique internationale de Jung-fraujoch, et l’autre sur les indiens du Mexique.

E. Distinctions

Lauréat de la faculté de Médecine de Paris (médaille d’argent 1936)

Lauréat de l’Académie de Médecine (prix Vernois 1937)

Récompensé par l’Académie des Sciences morales et politiques (fondation Dagnan Bouveret 1944).

F. Sociétés savantes

En 1951, il est Vice-président de la Société Française de Psychologie et Secrétaire général de l’Association Internationale de Psychotechnique. Puis, en 1952, il est membre fondateur de l’Association de Psychologie Scientifique de Langue Française.

G. Commissions

Membre de la classe I (Expression de la pensée) de l’Exposition Internationale de Paris de 1937

Secrétaire de la Section de Biologie du Palais de la Découverte (1936-1938)

Membre de la Commission d’Enquête dans les colonies, pays de protectorat et sous- mandat (1937)

Photo : R. Bonnardel avec H. Piéron

H. Travaux de Recherche Appliquée

Il a créé des services de recherche et d’applications de psychologie industrielle aux usines Peugeot. (Voir par exemple : Cohen Yves. L’invention des techniciens sociaux [Du commandement social après juin 1936 chez Peugeot]. In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 114, septembre 1996. Les nouvelles formes de domination dans le travail (1) pp. 30-43).

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En 1977, cinquantenaire des EAP

Hommage à Gaston GUYOT

Raymond Bonnardel

Au cinquantenaire des «  Etablissements d’Applications Psychotechniques » (EAP) qu’il me soit aussi permis de rappeler la mémoire de son fondateur Gaston GUYOT, car il y a également quelques cinquante ans je fis sa connaissance dans le premier laboratoire français qu’il avait conçu et réalisé à la demande de J.M. LAHY dans le cadre des « transports en commun de la région parisienne » ( devenus la R.A.T.P.).

Durant toute la période s’étendant entre les deux guerres sa personnalité d’une très grande intégrité m’a accordé toutes les ressources de sa créativité technique dans les diverses activités qui ont jalonné ma carrière : depuis la première mise au point des travaux pratiques de biométrie dont m’avait chargé LAUGIER dans le cadre de la chaire de physiologie du Travail du Conservatoire National des Arts et Métier (1932), premiers jalons de ce qui deviendra l’ergonomie ; en passant par la section de Biométrie humaine du Palais de la Découverte (1936) où Gaston GUYOT, à ma demande, réalisa et présenta toute une gamme d’appareils portant sur les diverses fonctions physiologiques et psychologiques, appareils automatiques mis ainsi à la disposition directe du grand public.

Sans oublier sa part dans la préparation d’une mission bio-psychométrique qui me fut confiée sur une population d’indiens aborigènes (Otomis du Mexique en 1937). Jusqu’à l’établissement d’un important laboratoire de psychométrie que je créais dans un grand centre industriel, les Usines Peugeot à Sochaux.

C’est dire l’étroitesse des relations qui nous menèrent à une constante collaboration et à une amitié fidèle et confiante au cours de longues années dont je garde un souvenir très présent.

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Raymond BONNARDEL

Secrétaire Général de l’Association Internationale

de Psychologie Appliquée

AIPA

1951 – 1964

 par C.B. Frisby 

(Extraits du Bulletin de l’Association Internationale de Psychologie Appliquée (AIPA), 1964, vol.13, n°2)

Pour apprécier la valeur inestimable des services rendus par le professeur BONNARDEL à l’AIPA, un résumé de l’histoire de cette Association est nécessaire…

…Cette Association, qui avait pour nom « Association Internationale de Psychotechnique »(AIP) fut instituée officiellement à Paris en 1927…

…Edouard CLAPAREDE fut nommé Président-fondateur et J.M. LAHY Secrétaire Général. Les congrès qui suivirent eurent lieu à Utrecht en 1928, à Barcelone en 1930, à Moscou en 1931, et à Prague en 1934…

…A Göteborg, pendant le 10e congrès de l’Association International de Psychotechnique, le professeur BONNARDEL fut élu Secrétaire Général en remplacement de Mme BAUMGARTEN-TRAMER démissionnaire. Il allait avoir à faire face aux nombreux problèmes qui se présentèrent et qu’il résolut rapidement. L’Association International de Psychotechnique manquait d’argent, mais elle n’avait pas de dettes. Les archives de LAHY avaient été perdues pendant la guerre. Les psychologues tant Anglais qu’Américains n’aimaient pas le mot « psychotechnique », qui, traduit littéralement en anglais signifie un niveau d’activité bien inférieur à celui de psychologues professionnels. Il devenait donc urgent de définir les qualifications demandées pour devenir membre de l’Association International de Psychotechnique, qui était à cette époque la seule organisation internationale de psychologues. Il y avait un danger réel que les développements de la psychologie puissent attirer des personnes qui, tout en cherchant une qualification professionnelle, n’avaient qu’une formation minime en psychologie…

…Tout en s’imposant cette tâche onéreuse, le professeur BONNARDEL y ajouta encore un fardeau, c’est-à-dire l’organisation du 11e congrès à Paris en 1953…

…Le professeur BONNARDEL ne se vante jamais de sa propre contribution à la psychologie. Il est bien possible que la plupart des membres de l’AIPA n’aient jamais apprécié l’importance de ses contributions et leur rapport avec les fonctions de Secrétaire Général. Sa formation de base était très étendue. Il a étudié simultanément la biologie et la médecine. Il a gagné son doctorat ès sciences en 1934 et son doctorat en médecine en 1936.

En 1937-1938, il a remplacé le professeur LAUGIER dans la chaire de Physiologie du travail, d’Orientation et de Sélection professionnelles au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM).

Ayant des doutes sur la valeur scientifique des applications faites en physiologie et en psychologie du travail, il accepta avec empressement l’invitation de la Maison Peugeot, fabricant de voitures, de monter un service psychotechnique dans les usines de Sochaux.

Pendant vingt années, il a dirigé le service, et il a édité une série de rapports sur les questions de psychométrie et de sélection professionnelle, reconnus remarquables dans la littérature sur ce sujet. En effet, il a saisi l’occasion présentée par un groupe d’usines avec presque 50 000 employés et une grande variété de postes de travail, pour organiser un programme d’études scientifiques rigoureusement contrôlées.

En outre, il s’occupa d’enseignement : depuis 1939 il fut directeur du laboratoire de Psychologie Appliquée de l’Ecole des Hautes Etudes, et depuis 1943 il fut professeur à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, En sus, depuis 1946, il fut directeur de la revue Le Travail Humain…

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La méthode multifactorielle et les facteurs de groupes spécifiques

par la tendance expérimentale analytique essayiste

de Raymond Bonnardel

       par Robert Simonnet

 

En 1980, Raymond Bonnardel (1901-1988), à la retraite dans sa maison de Chambon-sur-Cisse, Loir-et-Cher (41190), en compagnie de Denise (1914-2016) et Robert Simonnet-Guyot.(Photo personnelle d’archives : Simonnet-Guyot)

Il faut préciser qu’en plus des activités citées dans l’article précédant de C. B. Frisby, le professeur Bonnardel à remplacé, en 1958, J.M. Lahy (1872-1943), au sein du Conseil d’Administration des EAP, comme il était de coutume dans cette Entreprise de disposer d’un scientifique de la profession pour satisfaire à la déontologie.

Il fut continuellement intéressé par la gestion des EAP et la diffusion des tests à travers le monde. A la retraite, il tenait à ce que nous nous déplacions deux à trois fois par an pour déjeuner ensemble et faire le point sur la situation de la Société.

Toujours intellectuellement intéressé par les sujets scientifiques, il lisait beaucoup et recevait de nombreuses revues. Les sujets de conversations étaient sans limite et il lui tenait à cœur de savoir que les EAP vérifiaient systématiquement et statistiquement toutes les modifications des tests résultant du progrès des technologies

Ayant contrôlé la fabrication de chacun de ses tests depuis l’origine de ceux-ci, il avait une grande connaissance de la qualité des productions des EAP et n’était pas sans une certaine admiration sur le fonctionnement de celle-ci, menée par une femme, Denise Simonnet-Guyot, qui, au décès de son père, avait su et réussi à en reprendre les rênes. Elle racontait que lors des réunions de travail à l’INETOP, le professeur Bonnardel n’hésitait pas à lui demander des conseils pour certaines des réalisations qu’il devait exécuter. Il faut bien dire, qu’à cette époque, avoir la chance de connaître une femme, chef d’entreprise, qui avait une notoriété mondiale dans sa spécialité, était tout à fait exceptionnel..

Sa formation, docteur ès Sciences, docteur en médecine, psychologue, psychotechnicien, peut, à elle seule, résumer son comportement, et laisser entrevoir que de celui-ci ‘scientifique’ pouvait être le corollaire, de l’exposé de C.B. Frisby, mais d’où découleraient d’autres comportements significatifs qu’il faut clarifier.

Si la psychologie explicite est un corps de connaissances comme par exemple les mathématiques ou une autre science, on ne devient un psychologue qu’en assimilant en psychologie ou en mathématique la forme et le fond, les méthodes et le contenu. Mais si étudier les mathématiques ne donnera jamais l’esprit mathématique à celui qui en est dépourvu, c’est-à-dire comprendre d’emblée les choses mathématiques par une capacité naturelle de percevoir et comprendre des indices infimes sans passer par un raisonnement autre que celui de l’intuition, il en sera de même pour devenir psychologue où il faut posséder une certaine subtilité pour ressentir les situations.

L’analyse factorielle appliquée aux tests fait partie du domaine de la psychométrie « expérimentale structurale » (intercorrélations entre les tests pour découvrir des facteurs). Cette tendance s’oppose à la tendance « expérimentale analytique » (corrélations entre tests et réussite professionnelle). Celle-ci sera dénommée « tendance analytique dogmatique » (confirmation de l’idée sur la nature de l’aptitude mesurée), ou « tendance analytique essayiste » (élaboration d’un test évaluant l’idée de l’aptitude mesurée. Bonnardel utilisera lors de ses recherches la « tendance analytique essayiste » Celle-ci impliquait l’emploi systématique de son expérience scientifique où, par sa triple formation de médecin, de scientifique, de psychologue, elle lui permettait la mise en jeu de tout un arsenal de techniques liées à la réalisation de l’expérience, de son enregistrement et d’en quantifier les résultats afin de les traiter, puis de les valider.

Il est intéressant de noter que toutes les méthodes expérimentales des sciences physiques emploient systématiquement les expériences comme moyen de progression scientifique, c’est à dire de progression dans la connaissance. Expérimenter pour connaitre, connaitre pour comprendre, comprendre pour savoir, savoir pour réfléchir.

La psychologie, comme les autres sciences, n’est pas qu’un ensemble de connaissances, elle participe à l’action et comme, par exemple, à côté de l’ensemble des connaissances en mathématiques théoriques, se trouve les mathématiques appliquées, il en est de même pour la psychologie.

Lors de ses recherches Bonnardel utilisa plus particulièrement la psychologie différentielle qui étudie la façon dont la loi établie en psychologie générale est valable pour toute l’espèce (ex : lois de fonctionnement de l’esprit humain) et se différencie au niveau de certains grands facteurs (ex : le sexe) et au niveau des individus (utilisation des statistiques).

Utilisant les subtilités de ses connaissances en psychologie, auxquelles venaient s’ajouter les rigueurs de ses connaissances en physique, tout en tenant compte de la complexité de l’être humain par ses connaissances en médecine, Bonnardel, doté d’une imagination créatrice dans le domaine de la psychométrie (tests) et d’une compréhension innovatrice (invention) dans le domaine conceptuel, crée la « Batterie Factorielle Standard ». En outre, il disposait d’une aptitude peu commune, celle de pouvoir lire les chiffres d’un bilan psychométrique, comme un juriste lit les textes du compte-rendu d’un jugement pénal.

 

A la sortie de la guerre 1939-1945, il est sollicité par les Usines Peugeot à Sochaux pour créer un laboratoire de psychotechnique, qui va lui servir de laboratoire d’expérimentation. Les populations d’étude de cette usine varient entre plusieurs centaines et plusieurs milliers de personnes, c’est donc une tâche longue et enrichissante qui l’attend.

Mathématicien de formation il connait toutes les réalisations des psychologues internationaux et possède toutes les connaissances et compétences pour appliquer leurs nouvelles méthodes statistiques.

Se référant à ce qui constituait à l’époque un important progrès théorique, « l’analyse factorielle » appliquée aux tests, il s’inspire d’abord de la « méthode bifactorielle » de Spearman qui avait démontré que si dans une matrice de corrélations, toute les différences tétrades (groupes d’une matrice de corrélation) sont nulles, la matrice peut être entièrement expliquée par l’existence d’un facteur (g) général commun à tous les tests et de facteurs spécifiques liés à chaque test. Puis il compare cette « méthode bifactorielle » de Spearman à la « méthode trifactorielle » de Holzinger qui prétendait que la matrice pouvait être expliquée par trois niveaux de facteurs : un facteur général commun à tous les tests et des facteurs spécifiques propres à chaque test. Il complète ses recherches en arrivant à une même conclusion avec la « méthode multifactorielle » de Thurstone, qui stipule que la matrice peut être interprétée à l’aide de plusieurs facteurs communs (V-N-S-P-Q), et un facteur général (G).

Cette dernière méthode avait soulevé beaucoup d’espoirs, mais il eut fallu engager une étude sur plusieurs milliers d’individus en leurs faisant passer tous les tests possibles, ce qui n’a jamais été fait et, de plus, une matrice des intercorrélations entre les exigences d’un travail et les facteurs n’a jamais existée. Si un facteur doit, pour être valide, mesurer ce qu’il est censé mesurer, il doit aussi être fidèle, homogène et sensible.

Cette réalité n’étant pas satisfaisante en ce qui concernait le diagnostic qui aurait du être obtenu à partir de la conception d’un critère donné, pour pouvoir émettre un pronostic de réussite valide en rapport avec les exigences d’une activité précise, Bonnardel s’orienta alors vers la «méthode multifactorielle et les facteurs de groupes spécifiques par la tendance expérimentale analytique essayiste ».

D’une part, si la « tendance expérimentale structurale » restait pratique puisqu’on étudiait les corrélations entre tests, afin de découvrir les « facteurs » qui seraient responsables de ces intercorrélations, il s’agissait malgré tout d’une « tendance analytique dogmatique ». La « tendance expérimentale analytique essayiste » qui cherche à évaluer des potentialités à partir des aptitudes en liaison avec un critère global (cotation professionnelle) est beaucoup plus pertinente. L’idée étant qu’avec ces facteurs, il était possible de créer des tests permettant de mesurer les potentialités d’un individu correspondant à une aptitude donnée.

D’autre part, si la « tendance expérimentale structurale » constituait un important progrès théorique, à charge contraignante qu’elle utilisait un vocabulaire imprécis (raisonnement, attention, intelligence), l’obtention de facteurs dénommés arbitrairement par une lettre (G, V, S, P, Q) compliquait la tâche du psychologue. Bonnardel constata que pour qu’un système théorique reste cohérent il fallait être capable de faire l’analyse du travail en termes d’exigences correspondant aux différents facteurs. Si ces analyses factorielles permettaient de faire progresser la connaissance sur un plan théorique, elles ne le permettaient pas sur un plan concret qui était celui du psychotechnicien.

La « tendance expérimentale analytique essayiste  » a permis la recherche de tests répondant le plus fidèlement possible aux conditions d’une discipline scientifique : les épreuves sont spécifiques (esprit d’analyse) parfaitement stabilisées et impersonnelles dans leur correction et cotation (psychométrie), comme par exemple le test d’intelligence mécanique (BOD).

Avec la « tendance expérimentale analytique essayiste  »  le choix d’un test est plus une simulation clairement discernable de ce qui est souhaité mesurer, comme par exemple le test du « tourneur (TOT) ». Ce qui est souhaité être mesuré est donc une donnée pratique, concrète, tombant sous le sens commun. Encore fallait-il qu’il n’existe aucune correspondance de forme entre le test et le métier.

Avec la « tendance expérimentale analytique essayiste » la création d’un test débouche sur une épreuve construite théoriquement pour maximiser sa saturation dans un facteur découvert par l’analyse factorielle, comme par exemple, le test des « disques (BOD) » (intelligence mécanique) qui n’est plus représentatif de ce qui est discernable. Ce test remplacera le test « d’aptitudes mécaniques (WG) » (objets usuels), comme le test « oméga (OMB) remplacera le « tourneur (TOT) » parce que l’auteur privilégie l’idée (conceptualisation) par rapport à la réalité objective qui favorise, par la correspondance, tout individu exerçant le métier en question.

Pronostiquer une réussite en mettant en évidence une disposition naturelle (aptitudes ou capacité) à apprendre à faire quelque chose, ou à le faire d’une certaine façon, c’est le résultat obtenu par Bonnardel avec sa « Batterie Factorielle Standard » en pronostiquant, chez les personnes, des potentialités avec ses tests, sans liaison évidente avec les exigences de la tâche à réaliser ou à apprendre.

Cette « Batterie Factorielle Standard » se compose de deux parties, la première est réservée au niveau ouvrier et employé, elle donne lieu à quatre notations, la seconde est réservée aux cadres, ingénieurs et collaborateurs, elle donne lieu à six notations.

Une batterie spécifique dite de « sécurité », concernant la prévention psychotechnique des accidents sera ultérieurement composée avec des tests de la première partie.

La « Batterie Factorielle Standard » de Bonnardel

En mettant au point cette ‘batterie de tests’ à partir de l’ensemble des recherches antérieures de l’auteur, il a été imposé de donner un instrument permettant d’évaluer le mieux possible les capacités accessibles aux épreuves psychométriques les plus importantes, tant pour l’orientation des jeunes que pour la promotion et l’emploi le plus rationnel des hommes. Les travaux dans les établissements scolaires et dans l’industrie permirent d’établir des techniques utilisables pour les niveaux les plus divers de l’illettré, de l’ouvrier étranger ignorant la langue française, aux ingénieurs et aux cadres, en passant par la maitrise, les techniciens, les employés de bureau. Il fut établi deux catégories d’examen dont tous les éléments sont rassemblés ci-dessous.

Examen A : (durée moyenne 2 h 30) : Tâches manuelles et techniques.  Cet examen est uniquement composé de tests de performances (Y et Z)

IPO………….Intelligence pratiques au niveau ouvrier

D…………….Dextérité, rapidité manuelle.

P……………..Précision dans le maniement des mécanismes et soin dans le travail.

R……………..Vigilance, rapidité et exactitude de réactions

Chacune de ces notes est établie à partir de plusieurs épreuves afin d’éliminer le plus possible, d’une part le facteur spécifique à chacune d’entre elles et, d’autre part, les fluctuations de l’examiné. La durée de chaque épreuve est réduite dans toute la mesure compatible avec l’obtention de résultats suffisamment stables.

NOTE I.P.O ; Intelligence pratique, établie sur le résultat de 6 tests de performance (durée moyenne : 35 minutes) ; tests : BOD, B31/32, B22, B43, B101.

                                                                                                                                                            

     BOD              B3132               B22               B43              B101            DTB

 NOTE D : Dextérité, établie avec 4 tests de performance

(Ecrous, Boulons, Tiges, Chevilles) (Durée moyenne : 5 minutes 30) : test : DTB.

NOTE P : Précision, établie avec 3 tests de performance (durée totale moyenne : 25 minutes) : test OMEGA (OMB), SINUSOIDE (SNB), DOUBLE LABYRINTHE (B19).        

        OMB                  SNB                B19

NOTE R : Vigilance et Réactions, établie avec 2 tests de performance (durée totale moyenne 1 heure) : DOUBLE LABYRINTHE (B19), REACTIONS COMPLEXES (RCB) puis (BRCX).

Cette dernière partie de l’examen A (NOTE R) peut être réservée aux postes comportant des risques ; surveillance d’opérations, conduite de véhicules, de ponts-roulants, d’engins de levage, appelé ‘POSTE DE SECURITE’.

B19                      RCB                         BRCX        

Toutes les NOTES sont obtenues au moyen de barèmes, à partir des résultats bruts dans les épreuves. Elles ont été standardisées sur une large population industrielle dans une échelle sur une moyenne égale à 10, chaque point de part et d’autre de cette moyenne correspondant à ¼ d’écart-type (tétronage).

Il est préconisé que tout candidat se présentant à l’embauche comme ouvrier, obtenant dans cet examen une NOTE IPO supérieure à 13 (note supérieure à 1 écart-type à la moyenne) et les autres notes étant supérieures à la moyenne 10, passe immédiatement l’examen B, afin d’établir, dès l’embauche, ses possibilités de perfectionnement et de promotion.

EXAMEN B : (Durée moyenne 4 h 30) : Niveaux ingénieurs et cadres

Ce deuxième examen (B) concerne tous les jeunes en cours d’orientation professionnelle ainsi que toutes les catégories de personnel, y compris les ingénieurs et les cadres. Il a été établi pour permettre d’estimer un très large éventail de capacités.

P.I…….Potentiel intellectuel, correspondant à la notion des facteurs ‘g’ de SPEARMAN, et ‘G’ de THURSTONE, et ‘Raisonnement’ de Guilford

V……..Connaissance de la langue française et compréhension verbale.

I.P.C….Intelligence concrète (pratique) au niveau collaborateur

C.P.M…Célérité perceptive et mentale groupant les facteurs ‘P’ de THURSTONE, et ‘P’ et ‘Q’ de la BGA (travaux routiniers de bureau)

CA……Calcul, rapidité dans la résolution d’opérations arithmétiques et de problèmes

OR……Orthographe.

NOTE P.I. : potentiel intellectuel, établie au moyen de 3 tests différents comportant chacun des séries d’item de difficultés progressives (durée totale : 1 h 10) : tests B53, BV9, BLS4

L’expérience a montré que pour une meilleure estimation au moyen de tels tests de puissance – surtout pour les niveaux les plus élevés – il était préférable d’établir la note en ne considérant que les deux résultats les meilleurs (note A obtenue sur les barèmes de cotation), afin d’éviter dans certains cas l’influence sur la note P.I. d’une défaillance éventuelle du candidat à un moment donné dans un des tests de cette nature.

A noter aussi que la compréhension de test BLS4 peut être difficile pour les niveaux relativement faibles. Il est préférable de ne l’utiliser que pour les candidats d’un niveau supérieur.

NOTE V : compréhension verbale, établie au moyen de 3 tests différents (durée totale : 40’) : tests : BV8, BV50 (ou test parallèle BV51), BV16.

NOTE I.P.C. : intelligence concrète, établie avec 4 tests de performance (les seules dans cette catégorie (niveaux ‘collaborateur’) (durée totale moyenne : 30’) : tests : B22, B43, B101, B20.

NOTE C.P.M : Célérité mentale, établie au moyen de 5 tests différents. (Ce sont des tests où interviennent essentiellement à la fois la rapidité et la précision dans des tâches intellectuellement simples) (Durée totale : 19’) : tests BV4, BG3 (ou BG9), BG10, B2C, BCV.

Cinq tests sont utilisés pour cette note C.P.M. étant données les fluctuations parfois assez importantes des sujets dans de telles catégories d’épreuves. Ici on recherche un rendement moyen.

NOTE CA : Résolution de problèmes, établie avec 3 tests (Durée totale : 134) :

Tests : BAD15, BMU16, BPB17.

NOTE OR : Orthographe, établie avec 2 tests (Durée totale 25’) : Tests : BOR18, BOR19.

Toutes ces notes sont obtenues au moyen de barèmes à partir des résultats bruts dans les diverses épreuves.

Etant donné que, d’une part, en vue de leur utilisation pratique, ces notes doivent s’appliquer à des sujets très divers par leur formation et permettre de les comparer, et que, d’autre part, il est difficile d’admettre que les capacités de l’ensemble des sujets des divers groupes se répartissent de façon gaussienne, cela du seul fait de l’influence des écarts dus aux différences de scolarité de base dans ces divers groupes, la solution la plus simple est l’utilisation d’un étalonnage de notes allant de 1 à 20 en les répartissant de façon que l’écart quartile des différents groupes se rapproche le plus possible de 2 et les médianes des groupes extrêmes s’axant sur 13 pour le groupe d’ingénieurs et 4 pour un groupe important de candidats apprentis.

Cette solution s’est montrée particulièrement satisfaisante du point de vue pratique, en particulier pour l’utilisation compréhensive de telles notations par les enseignants et les directions du personnel dans les entreprises.

Les études concernant l’élaboration et la validation de cette ‘Batterie Factorielle Standard’ furent réalisées sur une population de plus de 100 000 personnes, de l’Entreprise d’automobile Peugeot de Sochaux.

Les caractéristiques individuelles.

L’individu est caractérisé par trois sous-systèmes : la sphère cognitive, la sphère affective et la sphère conative ou évaluative. Ces systèmes sont en interaction avec les fonctions précises les processus des activités de la personne.

La sphère cognitive est la seule étudiée par Bonnardel. Elle est liée au niveau des aptitudes de la personne dans les dimensions qui sont les plus importantes pour la réussite professionnelle dans les domaines cognitif et psychomoteur (profil factoriel d’aptitudes).

La sphère affective, en relation avec les troubles de la personnalité pouvant entrainer des difficultés d’adaptation à la formation ou à l’emploi, n’a pas été étudié par Bonnardel, elle le sera par la suite par un psychologue, Jacques Brémond de même formation que lui, médecin et mathématicien, qui s’est appuyé sur les études de Bonnardel pour donner à ses diagnostics et ses pronostics, dans cette sphère, la même validité statistique que celle de son maître à penser.

La sphère évaluative (ou conative) qui examine, la motivation, les intérêts, la volonté, est en relation avec des critères de satisfaction dans le travail, n’a pas été étudié par Bonnardel, elle le sera ultérieurement par F. Aubret (motivation à l’action et besoin de réussite) et plus particulièrement avec la typologie de Holland (R pratique, I scientifique, A artistique, S social, E entrepreneurial, C conventionnel), étudiée par Jean-Blaise Dupont et Francis Gendre.

 

SINUSOIDE de R. BONNARDEL

Historique du test ‘Sinusoïde’

 Auteur : R. Bonnardel

Producteur : Ets d’Applications Psychotechniques (EAP)

Création et diffusion: 1947 – 2014 – Sigle SNB – tu (Z)

Domaine psychologique évalué : Psychomoteur – stabilité du geste (catégorie B)

Bibliographie

Travail Humain : 1950 – Une nouvelle épreuve de précision des mouvements des mains : R. Bonnardel

Travail Humain : 1957 – Analyse factorielle d’une batterie de test manipulatf. R. Bonnardel

Bulletin de Psychologie : 1971 – L’insertion professionnelle des débiles mentaux. PH. Husson – M. Verdalle

Travail Humain. 1970 – Essai de validation d’une batterie de sécurité. J.C. Wittersheim – J. Schlegel

PUF. La psychologie industrielle. Tiffin – McCormick

EAP : Prévention et réduction des accidents par les méthodes psychologique. R Bonnardel – R. Simonnet

Descriptif

C’est pour résoudre les problèmes d’affectation du personnel dans la plus grande entreprise d’automobiles que R. Bonnardel, face aux nombreux accidents du travail, par des techniques personnelles, mit progressivement au point les tests qui portent son nom.


sinusoïde1 1948   (EAP)

Le test comporte deux ergots métalliques cheminant dans une gorge sinueuse d’une plaque métallique. Les deux ergots sont fixés sur un disque de matière isolante. La tâche du sujet consiste à faire progresser les deux ergots d’un bout à l’autre de la gorge en déplaçant le disque à l’aide des deux mains. Cette épreuve est passée en position assise.

Il est recommandé au sujet de ‘prendre tout son temps’. Le temps de la passation, le nombre et la durée des erreurs sont enregistrés, mais dans certains cas seul la durée est prise en compte.

 

sinusoïde2

1971   (EAP)

Les résultats au test ‘sinusoïde’ donne une évaluation, statistiquement valide, quant aux tremblements des mains du sujet.

Dans cette épreuve de précision des mouvements manuels passée en temps libre, le sujet est confronté au conflit « rapidité-précision », il règle lui-même sa vitesse en disposant de l’information en retour que constitue sa réussite ou ses erreurs.

Si le test ‘sinusoïde’ n’a subit aucune modification de présentation dans le temps, il a fait l’objet d’une association avec le test ‘oméga’ afin de satisfaire à une facilité d’utilisation pour obtenir la NOTE P (précision).

La note P est établie à partir des notes partielles obtenues aux tests ‘sinusoïde’, ‘oméga’, ‘double labyrinthe’. Pour plus de facilités le test ‘sinusoïde’ a été incorporé au test ‘oméga’ avec les compteurs d’enregistrement des erreurs.

Article rédigé par Robert SIMONNET

Test du TRACAGE de LAHY J-M.

Historique du test du Traçage ou ‘Mouvements Coordonnés’

 Auteur : J.M. Lahy

Producteur : Ets d’Applications Psychotechniques (EAP)

Création et diffusion: 1925 – 1995 — Sigle : TR puis MCL –tu (Z)

Domaine psychologique évalué : Psychomoteur – stabilité du geste (catégorie B)

Descriptif

Le test des ‘mouvements cordonnés’ de Lahy, dénommé autrefois test du ‘traçage’, destiné à l’évaluation de la stabilité d’un geste, a subit tout au long des années des transformations notoires quant à sa présentation, sans jamais que soit altéré la validité des résultats obtenus.

Il faut comprendre que l’évaluation du tremblement des mains, et des différentes parties des membres supérieurs, était des plus complexes à concevoir. Il fallait que, lors d’un même mouvement des deux mains, leur coordination ne soit pas prise en compte.

tracage1Pour ce faire, en 1924, les premières recherches se portèrent sur un appareil où l’action du déplacement d’un pointeau dans une gorge, formant des courbes successives, comme le montre la photo ci-contre, devait fournir des résultats qui ne furent jamais satisfaisants.

 tracage2Quelques années plus tard, J.M. Lahy eu l’idée de modifier l’action des mains en leur faisant déplacer, non plus la gorge, mais le tracé, alors que le pointeau reste fixe, comme le présente la photo ci-contre.

Le test, dont les résultats furent, statistiquement satisfaisants, ne fut modifié qu’en 1960.

la Sinusoïde
la Sinusoïde

En 1944, R. Bonardel, reprenant les recherches sur la stabilité motrice lors d’un mouvement quelconque, mit en évidence que dans les mouvements fins l’action du tremblement des mains contrariait leur coordination, d’où la réalisation d’un test dont la position de deux ergots dans une gorge sinueuse, enregistrait chaque tremblement avec une grande précision. (photo ci-dessus – Test dénommé : ‘sinusoïde.

Ce test ne fut pas exploité
Ce test ne fut pas exploité

1924   (EAP)

Le test de la photo ci-contre, ne sera jamais diffusé, il résuma bien les difficultés qu’eurent les chercheurs à mettre au point, techniquement, l’appareil qui devait permettre de donner une évaluation du tremblement des mains lors de leurs déplacements dans de nombreux travaux manuels.Le mécanisme de cet ensemble ne pouvait donner de résultats fiables, son utilisation étant sujette à des variations inopinées.

tracage51927   (EAP)

Il est facile de comprendre comment l’auteur, Lahy a résolu le problème en concevant un test massif, lourd, ne laissant aucune chance au hasard de pouvoir modifier les résultats du candidat.

Ce test dénommé ‘traçage’, comprend un socle lourd, dont la surface est polie, ne laissant apparaitre aucune aspérité, une tablette montée sur quatre pieds sur laquelle est placé le tracé, et un col de signe avec le pointeau.

tracage61928   (EAP)

De conception identique, ce test du ‘traçage’ à subi, après quelques années, une petite amélioration quant à son encombrement. Le travail du sujet consiste à prendre la tablette avec ses deux mains, alors que le pointeau est placé, par l’opérateur, au début du circuit dessiné sur la tablette.

tracage71929   (EAP)

Le test est relié à un coffret sur lequel sont insérés deux compteurs qui enregistrent, l’un le nombre de fois que le pointeau situé sur le col de signe touche le bord du circuit (erreur), l’autre la durée cumulée de ces erreurs.

tracage81930   (EAP)

En situation d’examen, le candidat concentre son attention sur le tracé inséré sur la tablette et dirige mentalement l’action de ses mains de façon à ce qu’elles agissent ensemble. Chaque tremblement ne serait-ce que d’une des mains déplace la tablette et met le pointeau en contact avec la bordure du tracé. A ce moment, l’erreur est enregistrée ainsi que sa durée.

tracage91947   (EAP)

A la sortie de la deuxième guerre mondiale, d’importantes avancées technologiques modifient la présentation des tests. Dans ce cas précis, le test du ‘traçage’ est réduit pour ne laisser place qu’à un encombrement qui ne prend en compte que ce qui est utile à l’évaluation, cest-à-dire à l’obtention de la mesure. 

traçage101953   (EAP)

Dernière présentation de ce test avant une modification importante quelques années plus tard

tracage111954   (EAP)

Si la situation d’examen reste la même, l’appareil composant le test est d’une présentation qui reflète une époque ou l’esthétique a fait son apparition. L’ingénieur laisse libre court à son imagination et donne au réalisateur la possibilité de mettre en évidence ses capacités.

Depuis quelques années, la diffusion du test de la ‘sinusoïde’ de Bonnardel, beaucoup plus pratique, statistiquement plus performant, et moins chère, limitait la diffusion du test de ‘traçage’. Néanmoins certains psychologues, utilisateurs de ce test furent à l’origine d’une modification de présentation importante. A partir de cette date, le test du ‘traçage’ fut dénommé le test des ‘mouvements coordonnés’ de Lahy (MCL). Comme dans le test de ‘traçage’, dans le test des ‘mouvements coordonnées’ l’action des mains en en prise directe avec le déplacement du pointeau, d’où l’évaluation des tremblements.

Oméga
Oméga

1960   (EAP)

Le ‘pointeau’ ou ‘curseur’ est déplacé par le sujet suivant deux axes perpendiculaires le long d’une courbe gravée sur une plaque de verre, qui reprend le profil de test du ‘traçage’. Deux ‘leviers’ ou ‘manettes’ commandent directement, sans aucun intermédiaire.

L’action directe du geste sur le curseur laissera apparaître très nettement par la ‘trace’ inscrite sur une feuille de papier toutes les erreurs en direction et en amplitude des mains.

 

Article rédigé par Rober SIMONNET

Tourneur tridimensionnel de GOGUELIN

Le test ‘Tourneur Tridimensionnel’

Auteur : P. Goguelin
Producteur : Etablissements d’Applications Psychotechniques (EAP)
Création et diffusion : 1954 – 1995 – Sigle : TDG – tu (Z)
Domaine psychologique évalué : Psychomoteur – Dissociation/coordination (catégorie A)

Bibliographie
Le Travail Humain : 1950 – Recherches sur la sélection des conducteurs de véhicules. P. Goguelin
Le Travail Humain : 1951- Etude du poste d’électricien et s élection pour ce poste. P. Goguelin
Le Travail Humain : 1952-Nouvelles recherches sur la sélection des conducteurs. P. Goguelin
Le Travail Humain : 1953- Pré-étude sur la sélection des pontiers-grutiers. P. Goguelin
PUF- 1967- La psychologie industrielle – Tiffin et McCormick
L’Harmattan – 2008 – Un siècle de psychologie et de psychotechnique, page 131

Descriptif
Le test ‘Tourneur Tridimensionnel’ (TDG) a été conçu par l’auteur pour la sélection des pontiers et des grutiers.
Le métier de pontier nécessite, d’une part, le guidage d’une pièce d’un point à un autre au moyen de trois manœuvres (translation, direction, levée), donc une coordination de mouvements dans trois plans et, d’autre part, une vision en profondeur très précise. C’est pour répondre à ces contraintes que le Tourneur Tridimensionnel à été conçu.
A partir de données rassemblées par certains auteurs on constate qu’un procédé de mesure composite tel que le TDG était plus efficace pour prédire la façon de conduire un engin que n’importe quelle mesure de fragments isolés d’un comportement.

Le TDG est un bon exemple de ces épreuves mimétiques permettant de contrôler des professionnels comme les pontiers et les grutiers. Le nombre et la durée des erreurs au test ont permis de retrouver la hiérarchie des postes auxquels les sujets ont accédés (GOGUELIN, 1953)
1954 (EAP)tourneur tridi1

Musée de Lille
Le test comprend un fil métallique sinueux, en l’air, tenu à chaque extrémité. Ce tracé se trouve à 0,80 mètre du sol et est placé derrière un pupitre portant trois manettes.
Un œilleton, dont le déplacement est commandé par ces manettes, est placé autour du fil.
Chaque manette permet, par un moteur, le déplacement de l’œilleton dans chacun des mouvements de translation, de direction, de levée.

Le sujet, placé debout devant le pupitre, doit faire parcourir le fil à l’œilleton.
Tout contact de l’œilleton avec le fil constitue une erreur dont le nombre et la durée sont enregistrés par des compteurs électriques.
L’épreuve est chronométrée.

Le test utilise l’électronique qui permet de réduire considérablement l’encombrement

.tourneur tridi2

1990 EAP

Fiche rédigée par R. Simonnet

Test DM de GUYOT Denise

Le test ‘ DM ‘ (dissociation et stabilité)  

Auteur : D. Guyot 

Producteur : Etablissements d’Applications Psychotechniques (EAP)

Création et diffusion : 1963 – 2000 – Sigle : DM  — tu (Z)

Domaine psychologique: Psychomoteur –  Dissociation/stabilité (catégorie B)

Bibliographie

PUF- 1967– La psychologie industrielle – Tiffin et McCormick

Editions Universitaires : 1976 –  Les tests mentaux – Jean Zurfluh

L’Harmattan – 2008 – Un siècle de psychologie et de psychotechnique,  page 160

Descriptif

Le test composite ‘DM’ de dissociation et stabilité des mouvements, est d’une conception originale, puisqu’il rassemble pour chacun des mouvements d’une part, la stabilité du geste (catégorie B) avec la main gauche (déplacements latéraux) et d’autre part, la dissociation/ coordination des mouvements (catégorie A)  avec la main droite (déplacements longitudinaux)..

Il est constitué par un chemin sinueux découpé dans une plaque métallique. Un ergot commandé par un système de levier et volant se déplace dans ce chemin. Le sujet debout, tient dans la main gauche le levier et dans la main droite le volant.

Utilisé dans le service de découpe et emboutissage sur des machines dangereuses d’une entreprise d’électromécanique, l’interruption de l’action du service psychotechnique, utilisant entre autres le test DM, s’était traduite par une hausse tragique du nombre d’accidents. Après le rétablissement de ce service, 3 fois moins d’accidents furent enregistrés et presque 5 fois moins de journées perdues.

1963      (EAP)

 DM1

            Musée du Lille

Dans ce test, le levier agit directement sur l’ergot (stabilité du geste/tremblements), alors que le volant agit sur l’ergot par l’intermédiaire d’un mécanisme (coordination/dissociation des mouvements). La consigne lors de l’examen précise de na pas se presser, de prendre son temps pour éviter les erreurs.

1979          (EAP)

DM2

A cette époque, le boitier bénéficie des améliorations techniques pour le rendre beaucoup moins lourd, et  le rendre plus transportable. Utilisé dans une batterie de tests pour des populations de conducteurs d’engins de travaux publics, les résultats statistiques ont montrés une corrélation de .83 entre la nombre d’erreurs (précision), de .69 entre le temps de passation (conscience professionnelle) et .78 entre la durée moyenne des erreurs (adaptabilité) et le critère de réussite  lié au nombre d’accidents

Fiche rédigée par Robert Simonnet

Test PPI – Poly-psycho-informatique de BONNARDEL et SIMONNET

Le test ‘ Poly-psycho-informatique’    PPI

Concepteur : R. Simonnet –  auteur des tests : R Bonnardel

Producteur : Etablissements d’Applications Psychotechniques (EAP)

Création et diffusion: 1989 – 2014 – sigle : PPI  — tu (Z)

Domaines psychologiques: Vigilance et  dissociation/coordination. (Catégorie A)

Bibliographie

Le Travail Humain : 1976 – Documents sur la Batterie Factorielle Standard – R Bonnardel

Editions EAP : 1974 – Prévention et réduction des accidents par les méthodes psychologiques.

Université de Rennes : 1962-Recrutement du personnel responsable de postes de sécurité-F. Voge

Le Travail Humain : 1970- Essai de validation d’une batterie de sécurité– Wittersheim-Schlegel

L’Harmattan – 2008 – Un siècle de psychologie et de psychotechnique,  page 306

Descriptif

Le test ‘Poly-psycho-informatique’, dit ‘PPI’ en abrégé, est une batterie de tests constituée de tous les tests de ‘réaction psychomotrice’ et de certains tests de ‘dissociation/coordination’ des mouvements.

ppi1

L’informatique se miniaturisant de plus en plus, il devenait possible des présenter certains tests sur un écran d’ordinateur. Les tests de réaction psychométrique ayant été validés lors de leur transformation sur l’appareil électronique ‘POLYREACTIOGRAPHE’ (PRG), il était facile de les transposer sur un écran d’ordinateur. Le ‘PPI’ rassemble donc tous les tests

de réaction psychomotrice, qui sont : ‘la mesure des temps de réaction’, ‘l’attention diffusée’, ‘l’attention concentrée et ‘les réactions complexes’.

Par contre, la transposition des tests de dissociation des mouvements sur un écran d’ordinateur était beaucoup plus complexe, il fallut choisir ceux qui subiraient cette adaptation. Le choix porta sur les tests les plus utilisés, ceux de la ‘NOTE P’, c’est-à-dire ‘l’oméga’ et le ‘double Labyrinthe’. Pour des raisons techniques la transposition du test ‘sinusoïde’ fut abandonnée suite à des redondances avec les résultats obtenus au test ’oméga’. En effet, les manettes qui conduisent l’image d’un ergot sur un écran avaient les mêmes singularités que se soit pour le test ‘oméga’ ou pour le test ‘sinusoïde’, c’est-à-dire que l’action des manettes sur l’image des ergots était cachée et indirecte  alors que pour la ‘sinusoïde’ elle aurait du être directe, ce qui est impossible sur un écran. La ‘Note P’ s’en trouva modifiée, n’utilisant plus que deux tests au lieu de trois. Par contre sa validité ne fut pas compromise du fait d’une évaluation des tremblements simultanément avec celle de la dissociation des mouvements par le test ‘oméga’ modifié pour l’informatique, qui permettait la prise en compte de ces deux particularités.

Fiche rédigée par Robert Simonnet

Test OMEGA de BONNARDEL

Historique du test  ‘OMEGA’   

Auteur : R. Bonnardel (1901 – 1988)

Producteur : Etablissements d’Applications Psychotechniques (EAP)

Création et diffusion : 1946 – 2014 – Sigle : OMB – tu (Z)

Domaine psychologique: Psychomoteur –  Dissociation/coordination (catégorie A)

Bibliographie

Le Travail Humain : 1947 – Une nouvelle épreuve de précision mécanique, le test Oméga- R Bonnardel

 Le Travail Humain : 1957-Analyse factorielle d’une batterie de tests manipulatifs et  de réactions

Le Travail Humain : 1955-Analyse factorielle de tests manipulatifs – R. Bonnardel

Bulletin de Psychologie-1972-1973- L’insertion professionnelle des débiles mentaux – Husson-Verdalle

Le Travail Humain : 1970- Essai de validation d’une batterie de sécurité– Wittersheim-Schlegel

PUF- 1967– La psychologie industrielle – Tiffin et McCormick

Editions Universitaires : 1976 –  Les tests mentaux – Jean Zurfluh

O.P. Suisse – Notes sur l’habileté manuelle – Dupont

L’Harmattan – 2008 – Un siècle de psychologie et de psychotechnique  page 84

Descriptif

Le test du ‘tourneur’, s’il remplissait toutes les caractéristiques liées à l’évaluation des exigences en rapport avec la réussite professionnelle, laissait, néanmoins, la possibilité à certains candidats de percevoir le mécanisme du test et d’être avantagés du fait de la pratique d’un métier proche de l’activité de tourneur.

C’est la  raison pour laquelle, deux décennies plus tard, R Bonnardel eu l’idée de dissimuler le mécanisme de test ‘oméga’ qu’il étudiait, pour le rendre plus compatible avec la réalité de l’époque où les tendances, comme dans la ‘mini pelle’ oùu le conducteur doit actionner, avec ses membres supérieurs et inférieurs, des manettes pour déplacer les éléments d’une machine dans 6 ou 7 directions différentes. Les exigences qui permettent au candidat d’accéder au ‘critère  de réussites professionnelle’ sont, avec le test ‘oméga’, largement pris en compte.

Si dans le test ‘oméga’, le mécanisme est caché ne laissant à aucun moment la possibilité d’en comprendre le fonctionnement, le déplacement de l’ergot, dans une gorge dont les rapports  de dimensions ont été établis définitivement expérimentalement, permet, en plus, une meilleure précision dans le contrôle du déplacement, difficilement obtenu avec des tests équipés d’un pointeau se déplaçant sur un tracé plan.

Sur un plan pratique, le test ‘oméga’ a été conçu pour une utilisation dans un minimum de temps. Lorsqu’un examen est terminé, le test est à nouveau prêt à être utilisé sans nécessiter de manœuvre préalable de remise au point de départ.

Le nombre et la durée des erreurs sont enregistrés par des compteurs. L’épreuve est exécutée en temps libre, le candidat règle donc lui-même la vitesse de son travail. La notation est basée sur la durée totale des erreurs.

1947   (EAP)   

 omega1

                Musée de Lille

Lors de la passation du test ‘oméga’, le candidat manœuvre 2 boutons moletés pour parcourir un tracé, en maintenant  un ergot au centre de la gorge sinueuse en forme d’oméga. Tout contact de l’ergot avec l’un des bords de la gorge constitue une erreur dont le nombre et la durée sont enregistrés par des compteurs. L’épreuve est chronométrée. Le temps de passation est de 3 minutes en moyenne.

1950   (EAP)   

 omega2

              Musée de Lille

Lors de la passation, la consigne d’exécution donné au sujet peut insister sur la ‘précision’, ou quelques fois sur la ‘rapidité’ (vitesse) ou  encore le placer face au conflit ‘rapidité-précision’ lui permettant d’utiliser une stratégie maximisant  ses résultats. Les études ont montré l’influence de modification des consignes. La contrainte ‘précision-rapidité’ fait baisser la précision chez tous, mais pas chez les candidats ayant subis des blessures lors d’accidents.

1974   (EAP)

omega3                      

Musée de Lille

Le test BOS (Bonnardel-Oméga-Sinusoïde) se compose de deux tests (Oméga et Sinusoïde) et des compteurs d’enregistrement des résultats. Cette batterie de 2 tests a été réalisée à la demande de nombreux psychologues qui, utilisant la NOTE P, de la Batterie Sécurité, souhaitaient réduire l’encombrement et les manipulations.

La NOTE P (Précision des mouvements) est établie à partir des notes partielles obtenues aux tests suivants : Oméga, Sinusoïde et Double Labyrinthe. Chacune des épreuves comporte un facteur spécifique distinct dont les saturations sont de l’ordre de .50 à .60.

Sinusoïde ; rythme libre action direct des mains sur le dispositif.

Oméga :rythme libre action indirecte : intervention d’un mécanisme.

Double Labyrinthe : rythme imposé action indirete par l’intervention d’un mécanisme.

Fiche rédigée par Robert SIMONNET

Test du Tourneur de LAHY

Historique du test du tourneur

Auteur : J.M. Lahy (1872 -1943)

Producteur : Editons d’Applications Psychotechniques (EAP)

Création et diffusion : 1925 – 2014 – Sigle TOT – tu (Z)

Domaine psychologique: Psychomoteur — Dissociation/coordination (catégorie A)

 

Bibliographie

Institut de Psychologie : 1927 – Le test du mouvement – J.M. Lahy

Le Travail Humain : 1936 – Le coefficient d’apprentissage d’un test – J.M. Lahy

PUF : La psychologie industrielle – Tiffin et McCormick

Editions Universitaires : 1976 – Les tests mentaux – Jean Zurfluh

 

Descriptif

C’est peut-être le plus bel exemple de la démarche qu’un psychologue ‘auteur de tests’ puisse exécuter que celle de la conception du test du tourneur.

En effet, l’auteur, en l’occurrence J.M. Lahy, s’inspire d’une réalité du monde du travail. Il analyse, puis dicerne chez le ‘tourneur-fraiseur’, l’un des métiers les plus répandu à l’époque, les exigences qui permettent, à la personne qui l’exerce, d’accéder au ‘critère de réussite professionnelle’

L’exigence principale est , dans ce cas, la possibilité qu’aura un individu de dissocier les mouvements de ses bras et de ses mains pour arriver ensuite à les coordonner dans un but bien déterminé ; celui de faire tourner, avec chaque main, des manettes dans des rotations différentes et quelquefois opposées, afin de placer l’outil au bon endroit pour réaliser une pièce bien particulière.

Cet exemple, prenant appui sur la réalité, débouchera par l’imagination de l’auteur sur un test qu’il fera réaliser par un ingénieur, G. Guyot, et donnera ainsi naissance au test dit du ‘tourneur’, mondialement connu.

L’exemple inverse, toujours possible, où la réalité est assombrie, pour ne pas dire estompée, ne pourra pas donner naissance à un test valide, puisqu’il ne répondra à aucun critère de réussite, et n’évaluera aucune des exigences humaines lui permettant réussir dans le métier ou la profession. Ce qui a été parfois le cas au cours des années passées

Outre l’aptitude relative au domaine psychomoteur (dissociation-coordination des mouvements), le test du ‘tourneur’ fait intervenir dans un large mesure des facteurs intellectuels liés à l’apprentissage des mouvements et un effort d’attention soutenue.

Lorsque le graphique du tracé du candidat est réalisé, il est possible de compléter l’analyse par l’étude des tremblements, des gestes brusques, de la régularité ou l’irrégularité des erreurs au cours de la passation.

1927   (EAP)tourneur1

Le test était composé, à cette époque, d’un système de pantographe pour permettre de laisser une trace représentative de la façon dont le sujet avait effectué le travail qui consistait à déplacer le pointeau en suivant une ligne sinueuse.

 1927   (EAP)tourneur2

On remarque sur ces deux photos très ancienne, que le sujet agit sur deux chariots qui se déplacent perpendiculairement par l’action de deux manivelles. Seule la visualisation des erreurs (tremblements, irrégularités) par une inscription graphique, permettait d’apprécier la qualité du travail effectué.

 1929   (EAP)tourneur3

Dernière étape avant une présentation du test qui deviendra permanente, le test du ‘tourneur’ est doté d’une plaque métallique sur laquelle est gravée un graphique dont les caractéristiques (forme, taille, largeur) resteront définitives.

 1931   (EAP)     

tourneur4                                     

Musée de Lille

A partir de cette date, la présentation du test sera celle des caractéristiques finales sur lesquelles on ne reviendra plus. Le pantographe est remplacé par un ‘col de cygne’ qui supporte le pointeau. La lecture des résultats sera différente puisqu’il sera relié à des compteurs enregistrant le nombre et la durée des erreurs. L’épreuve sera toujours chronométrée.

1931   (EAP)tourneur5

En situation d’examen, La passation du test consiste à demander au sujet de « faire glisser le pointeau sur une ligne sinueuse », incrustée dans la tablette,  « en actionnant les deux manivelles ». La durée de cette passation est prise en compte par l’examinateur (sur la photo : Gaston. Guyot) qui utilise un chronomètre. L’enregistrement graphique est toujours possible..

1948   (EAP)tourneur6

Pour satisfaire à une parfaite utilisation du test, celui-ci est placé sur une table à hauteur réglable en fonction de la taille du candidat.

On note le comportement du sujet pendant l’épreuve (nervosité, attention, déplacement des mains, lieux des erreurs). La physionomie de la ligne parcourue peut-être enregistrée en plaçant un papier sous la plaque.

1955    (EAP)tourneur7

On demande au sujet « de faire suivre au pointeau le tracé du dessin géométrique en actionnant les deux manivelles, sans toucher les bords de tracé et en allant le plus vite possible ». Le chronomètre permet une mesure de la rapidité à suivre le trajet imposé, la précision est évaluée par le nombre des erreurs, et l’adaptation à corriger ses fautes par la durée des erreurs.

1960   (EAP)tourneur8

Le test du ‘tourneur’ de la photo ci-contre n’a jamais été diffusée. Il s’agit d’une étude expérimentale demandé par un psychologue qui souhaitait disposer d’un appareil moins lourd et moins encombrant. Les études réalisées avec ce test mirent en évidence que les résultats obtenus étaient différents de ceux du test original. Ce qui prouvait ce que beaucoup de psychologues s’avaient déjà : toutes modifications importantes changent la nature du test.

1970   (EAP)     

 tourneur9                          

     Musée de Lille

A partir de cette date la présentation du test du ‘tourneur’ ne changea pratiquement plus, si ce n’est les manivelles qui suivirent les progrès techniques. Des corrélations avec des tests d’intelligence mettent en évidence que les mieux classés en ‘intelligence’ ont des résultats très bons ou très mauvais, pour des résultats moyen, il n’y a pas de corrélation, pour les moins bien classés, les résultats sont aussi moins biens classés

Fiche rédigée par Robert SIMONNET